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Irrésistible Reykjavik, entre nature sauvage et adresses hype

Dans la capitale, les façades colorées égaient la grisaille | © KW

Voyages

« Pluvieuse », « inaccessible », « hors de prix »… La capitale islandaise se mérite, et tout qui prend le temps de découvrir Reykjavik ne peut que tomber sous le charme de cette beauté nordique, surprenante et éclectique. Visite guidée. 

KW

De Bruxelles, il faut deux heures seulement pour gagner l’aéroport de Keflavik, séparé de la capitale islandaise par l’incontournable lagon bleu. Victime du succès du pays auprès des touristes, l’endroit est pris d’assaut, mais jamais bondé, grâce à un système de tickets. Qu’il est impératif de réserver à l’avance, pour pouvoir buller dans de l’eau à 39°. La silice, qui donne à l’eau son incroyable couleur turquoise, offre aussi des vertus non négligeables pour la peau, et on s’en tartine généreusement le visage pour sortir du lagon purifié. Et prêt à découvrir Reykjavik sous toutes ses facettes.

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Facebook @ Blue Lagoon Iceland

Gastronomie inventive

Effet inattendu de la crise économique de 2009 et de la quasi faillite de l’Islande : la redécouverte d’une gastronomie locale riche et variée. Face à la hausse des prix, inconcevable en effet d’importer de coûteux ingrédients étrangers. Résultat : une renaissance culinaire, mettant les produits locaux à l’honneur, de l’agneau aux écrevisses en passant par l’orge et l’angélique. Roborative, la cuisine viking ? Impossible de ne pas fondre pour le Plokkfiskur, gratin de morue et de pomme de terres nappé de croutons et de sauce hollandaise. On le déguste chez Staff, dans le centre-ville, revisité avec légèreté et accompagné de l’un des savoureux cocktails qui ont fait de l’endroit un repère de la jeunesse branchée.

Un cadre aussi enchanteur que la cuisine chez Dill – Facebook @ DILL Restaurant Reykjavik

Pour une halte sans prétention (et relativement bon marché comparée aux standards élevés du pays), rendez-vous chez Icelandic Fish & Chips. Dans cette cantine familiale, on déguste du poisson frit à la perfection, et accompagné de frites épaisses et saupoudrées d’aneth, de pickles de légumes locaux, et de salades rafraîchissantes. Sans oublier les sauces, préparées à base de skyr, un yaourt aigre élevé au rang de trésor national. Envie d’une halte gastronomique mémorable ? C’est chez Dill qu’on s’attable, pour goûter aux préparations surprenantes et raffinées de Gunnar Karl Gislason, pionnier du mouvement de la nouvelle cuisine nordique en Islande. À  l’heure du brunch, on ne rate pas une visite chez Grái Kötturin, adorable cantine au croisement du café et de la galerie d’art, où on se régale d’une assiette généreuse de pancakes.

Boutiques chic

L’avantage du climat islandais imprévisible ? Après la pluie, le beau temps revient très rapidement, et sauf manque de chance, il ne faut pas attendre longtemps en été pour voir une averse passagère laisser place à un ciel éclatant. De quoi sublimer au mieux les maisons colorées qui animent les rues de la capitale. Entre deux pauses photos pour photographier une façade fleurie, passage obligé par les boutiques hype qui fleurissent ici. Chez Geysir, la sélection est pointue et l’ambiance marie à la perfection chic et cool, mais taxes élevées oblige, les prix sont plutôt inaccessibles. Qu’à cela ne tienne : on s’inspire de l’allure scandinave déclinée en magasin pour se créer un look unique chez Spüütnik. Dans cette antre du vintage, première boutique du genre à s’être installée dans la capitale islandaise, on ne rate pas les « ventes au kilo » organisées chaque année au mois d’août. Juste à côté, les amateurs de design se délecteront de la sélection assemblée chez Hrím, ode au design scandinave et à une certaine fantaisie poétique typique des Islandais.

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Vintage au kilo chez Spüütnik, situé dans la rue branchée de Reykjavik, Laugavegur – Facebook @ Spüütnik

Culture pointue

Visible de toute la capitale avec sa façade de verre aux effets écailles de poisson, le Harpa n’est pas seulement un point de vue inmanquable, c’est aussi l’endroit incontournable pour prendre la mesure de la scène artistique islandaise. On y découvre des expositions célébrant la beauté du pays à travers vidéos et photographies, mais aussi des concerts éclectiques, mêlant musique islandaise, groupes locaux et artistes internationaux. Pour découvrir le meilleur des artistes islandais, de Björk à Kaleo en passant par Emiliana Torrini, mais aussi la crème de la scène musicale internationale, on s’arrange pour faire coïncider sa visite de la capitale avec le Secret Solstice Festival. Les amoureux de lecture ne manqueront pas un passage chez Bókin, adresse charmante et photogénique (#visiticeland) où l’on déniche de véritables pépites parmi la sélection impressionnante de livres anciens, dont une bonne partie est en anglais. Réparti sur trois sites distincts, le Musée d’Art de Reykjavik est le plus grand musée dédié aux arts visuels du pays et l’occasion de découvrir le travail de trois des artistes islandais les plus connus : Erró, Kjarval, et Ásmundur Sveinsson.

Minimalisme et arts visuels à l’honneur au Musée d’Art de Reykjavik – Facebook @ Listasafn Reykjavikur

Visite insolite

Pour découvrir la capitale islandaise sous un autre angle et prendre la mesure de son caractère unique, une seule adresse : le QG des Arctic Surfers, dans le quartier en plein boom du vieux port. Lancée par Ingó Olsen il y a cinq ans, cette compagnie de passionnés de planche a fait le pari un peu fou d’emmener les touristes surfer dans les eaux glaciales du cercle polaire. Un pari payant, et l’occasion de s’éloigner des sentiers battus, notamment en s’offrant une balade en SUP dans les eaux luminescentes d’un glacier.

Facebook @ Arctic Surfers

Depuis Reykjavik, on se jette à l’eau dans le port, muni d’un « dry suit » qui empêchera l’hypothermie en cas de chute. Une chute fort peu probable : Ingó l’assure, jamais un de ses clients ne s’est retrouvé à l’eau, et quand on teste la stabilité des SUP, on le comprend. Sortes de surf plus épais et plus stables, ces planches se prêtent parfaitement à la découverte de Reykjavik vue de l’eau, sa skyline se découpant sur un ciel illuminé par le soleil d’été qui semble ne jamais vouloir se coucher. Lumière crépusculaire, calme plat interrompu seulement par le clapotis des pagaies sur l’eau, quand tout à coup s’élève la douce voix d’Emiliana Torrini depuis un baffle amené par surprise par Ingó. Si Reykjavik ne vous avait pas déjà fait chavirer, la découvrir de la sorte c’est le coup de foudre assuré.

Facebook @ Arctic Surfers

 

 

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