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Trésors wallons : Somme-Leuze, mise au vert entre Famenne et Condroz

Somme-Leuze, limitrophe des communes namuroises de Ciney, Hamois et Havelange. | © ©D.R.

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Cette commune est la plus orientale de la province de Namur.

Par Frédéric Marchesani / Photos Guy Focant

Somme-Leuze, limitrophe des communes namuroises de Ciney, Hamois et Havelange, est également proche de la commune liégeoise de Clavier et des communes luxembourgeoises de Durbuy, Hotton et Marche-en-Famenne. Elle possède aussi la particularité de porter un nom qui n’est pas celui d’un de ses villages, puisqu’elle doit son nom à la Somme, une des rivières qui l’arrose, et à la ferme de Leuze, une exploitation en carré située à quelques encablures du village de Somal. Depuis la fusion de 1977, elle englobe divers villages et hameaux : Baillonville (siège de l’administration communale), Bonsin, Chardeneux, Heure, Hogne, Le Fourneau, Mehogne, Moressée, Nettinne, Noiseux, Sinsin, Somal et Waillet.

Côté paysage, la plus grande partie de Somme-Leuze se trouve en Famenne, mais les villages de Bonsin et Chardeneux sont situés dans le Condroz. Le dernier figure par ailleurs sur la liste des Plus beaux villages de Wallonie. Verte et champêtre, la commune compte plusieurs bois, qui couvrent 30 % de sa superficie, prairies et cultures occupant 53 % du territoire. Les villages sont également traversés par deux axes routiers importants, la nationale 4 reliant Bruxelles à Luxembourg (à Sinsin et Hogne) et la nationale 63, mieux connue sous le nom de route du Condroz, qui relie Liège à Marche-en-Famenne (à Baillonville).

Côté patrimoine, Somme-Leuze abrite sept monuments classés.

La tour de l’église Saint-Martin à Bonsin. Situé au milieu du cimetière, ce bel édifice en moellons de calcaire est composé d’une petite tour romane à l’ouest et d’un long volume de quatre travées. Seul élément classé de l’église, la tour compte trois niveaux. Elle a été bâtie aux XIe et XIIe siècles et ne comporte presque aucune ouverture, si ce n’est deux fentes visibles sur les faces nord et sud, au premier étage. La nef a été rebâtie dans la première moitié du XVIIe siècle, en remployant vraisemblablement une portion de la nef romane. Entre 1683 et 1685, on procède à la reconstruction du chœur, à l’initiative du curé Docquier, décédé en 1691 et dont la pierre tombale est conservée à l’intérieur. En 1858-1859, l’édifice est allongé vers l’est, à l’emplacement du chœur du XVIIe siècle, et l’édifice change d’orientation.

La chapelle de la Nativité de la Sainte Vierge à Chardeneux. Sur les hauteurs, au milieu du cimetière, cette petite chapelle romane signalée par son clocheton ardoisé est un des plus remarquables éléments du village. Dédiée à la Nativité de la Vierge, elle a été érigée dans la première moitié du XIIe siècle, puis remaniée au XVIe siècle. Elle a ensuite fait l’objet d’une importante restauration archéologique, entreprise en 1887 par l’architecte Edmond Jamar. C’est à lui qu’on doit la reconstruction des bas-côtés et du clair-étage de la nef centrale, ainsi que la réfection des fenêtres. La toiture d’ardoises est caractérisée par la présence d’un clocheton carré coiffé d’une haute flèche octogonale cantonnée de quatre pyramidions. Elle est terminée par une croix et un coq en fer forgé partiellement doré.

La tour de l’église Notre-Dame à Heure. Juché sur une butte emmuraillée où se trouvent également le cimetière ainsi qu’un vieux tilleul, cet édifice est l’héritier de diverses campagnes d’édification. Partie la plus ancienne, l’importante tour carrée constitue le seul élément à bénéficier d’une mesure de classement. Située à l’ouest, elle est millésimée 1611 par des ancres situées sur les faces nord et sud. L’ensemble est surmonté d’une flèche octogonale massive. Le reste de l’église a été reconstruit en deux temps. Entre 1773 et 1775, une nef classique de trois travées et un petit chœur carré sont érigés. D’importants remaniements sont ensuite entrepris dans le même style au XIXe siècle : l’ancien chœur est démoli, la nef est allongée de deux travées supplémentaires vers l’est et la tour est adaptée pour y intégrer le chœur de l’église. Le sanctuaire voit alors son orientation inversée. Du côté oriental, une nouvelle façade d’inspiration éclectique est ensuite érigée en 1861. L’église a conservé de très beaux fonts baptismaux en pierre bleue du XIIIe siècle.

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La chapelle Saint-Roch à Somal. Cette belle chapelle, située sur les hauteurs du village, est un petit édifice gothique érigé en moellons de grès et de calcaire en 1636. Elle a probablement été bâtie au départ d’un gros œuvre plus ancien, peut-être médiéval. La toiture d’ardoises est surmontée d’un joli clocheton sommé d’une croix en fer forgé. À l’intérieur, dans le mur-pignon ouest, a été conservée la pierre de fondation, millésimée 1636 et ornée des armes des Masbourg-Mombeeck, seigneurs des lieux à l’époque et propriétaires du château voisin. La chapelle abrite un remarquable mobilier, principalement des XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que des statues attribuées au maître de Waha, un sculpteur non identifié particulièrement actif dans la région dans la première moitié du XVIe siècle.

L’église Saint-Martin et son cimetière à Nettinne. Dominant le village, juchée sur la butte du cimetière emmuraillé, l’église Saint-Martin est un édifice classique du XVIIIe siècle. Elle a été augmentée, en 1904, d’une tour néoromane en façade précédée d’un escalier monumental puis, en 1905, d’une sacristie au chevet, le tout selon les plans de l’architecte namurois Édouard van Gelhuwe. À l’intérieur, le plafond plat de la nef est recouvert d’un très riche et exceptionnel décor de stucs de style Régence. On y aperçoit notamment des médaillons de la Vierge à l’Enfant, de la Colombe du Saint-Esprit et de saint Martin. Un cartouche de style Louis XV, millésimé 1749, nous renseigne sur la date de création de ces décors stuqués. Au niveau du chœur, une voûte surbaissée en lattis ornée de motifs Louis XVI présente un médaillon central garni d’un ciboire et de quatre angelots.

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Le château de Somal. Situé à la limite de la Famenne et du Condroz, le hameau de Somal s’étire, du nord au sud, sur les deux versants de la vallée de l’Eau de Somme. Il est caractérisé par la présence d’un important château-ferme et de la chapelle Saint-Roch, classés comme monument et site. Seigneurie hautaine de la principauté de Liège sous l’Ancien Régime, Somal a appartenu aux Prez, puis aux Vyle à partir de 1345, et enfin aux Masbourg de la fin du XVe siècle jusqu’à la Révolution. Ce sont ces derniers qui procèdent à l’édification du complexe actuel au départ du manoir fortifié du XVIe siècle, englobé dans une robuste ferme de la seconde moitié du XVIIe siècle dont les bâtiments sont groupés autour d’une cour rectangulaire. À gauche de l’entrée, on trouve un manoir de style traditionnel, dont les maçonneries montrent les traces de nombreuses campagnes de travaux. En 1742, à l’occasion du mariage de Marie-Philippe-Théodore de Masbourg et de Marie-Henriette de Hoen, la façade est remaniée. La travée centrale se dégage en frontispice et est flanquée de la devise « Unis malgré l’envie ». La ferme du château est entourée par un solide mur d’enceinte appuyé au sud par le manoir et cantonné au nord par une tour d’angle carrée. Au centre, un portail en plein cintre permet d’accéder à l’ensemble. Le site a été récemment rénové et transformé en habitation et salles de réception. Les abords et le jardin ont été créés à cette occasion.

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Une maison traditionnelle à Bonsin. Gros bourg établi sur les deux versants d’une petite vallée, Bonsin possède un habitat assez étendu mais homogène, composé de maisons et de petites fermes en calcaire. Parmi celles-ci, on trouve une belle maison traditionnelle à double corps située quelque peu en retrait de la voirie. Au centre du rez-de-chaussée, la porte à linteau droit est pourvue d’une baie d’imposte trapue coiffée d’une petite niche en plein cintre millésimée 1753. De chaque côté se placent des fenêtres à linteau bombé de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Devant la porte, un perron moderne est orné d’une taque en fonte portant la date de 1761. Il s’agit d’une des belles maisons du village de Bonsin, la seule classée comme monument.

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Voilà encore quelques belles idées de découvertes patrimoniales pour égayer vos balades hivernales, cette fois entre Famenne et Condroz.

Informations: Le Royal syndicat d’initiative de Somme-Leuze vous accueille du lundi au samedi de 9 h à 12 h 30 et de 13 h à 17 h. Vous y trouverez une foule d’informations et de la documentation, dont des cartes de promenades à pied ou en vélo.

Rue de l’Église 4 à 5377 Heure – +32 (0)86 32 25 67 – tourisme.sommeleuze@gmail.com – si.somme-leuze@belgacom.net

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