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Aywaille : un riche patrimoine à la croisée des chemins

Cette entité compte plus de trente-cinq villages, hameaux et lieux-dits. | © ©Guy Focant

Voyages

À cheval sur le Condroz, la Calestienne et l’Ardenne, traversée par l’Amblève, Aywaille est située à une bonne vingtaine de kilomètres au sud de Liège, quinze à l’ouest de Spa et soixante au nord de Bastogne.


Par Florence Pirard / Photos Guy Focant

La chapelle Sainte-Anne à Pouhon. Fondée en 1524 par Colienne de la Neuveforge sur le site des minières du Pouhon, elle a longtemps été voisine de plusieurs constructions, dont certaines desservaient des maîtres de forges locaux. Il s’agissait alors d’une petite seigneurie tirant son nom du mot wallon « pouhî », qui signifie « puiser » et indiquait la présence de sources à cet endroit. Le sanctuaire est aujourd’hui seul à subsister, tapi à l’ombre d’un hêtre remarquable. Il s’agit d’un édifice à nef unique en moellons de grès sous une haute bâtière de petites ardoises locales, pourvue d’un clocheton. À l’intérieur, la chapelle est coiffée d’un plafond en bois à décor polychrome et conserve un beau mobilier.

À l’intérieur de la chapelle Sainte-Anne à Pouhon. ©Guy Focant

On y découvre un autel contemporain de la construction de la chapelle, une statue de sainte Anne, également du XVIe siècle, et de remarquables dalles funéraires armoriées des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, parmi lesquelles celle de la fondatrice du sanctuaire. L’édifice est classé comme monument depuis 1937.

Les ruines du château d’Amblève. Construite sur un éperon rocheux dominant l’Amblève, cette forteresse médiévale, appelée aussi château des quatre fils Aymon ou Neufchasteau-sur-Amblève, fut le siège de justice de Sprimont et la résidence de ses seigneurs. Sa fondation est attribuée à un seigneur de la famille de Bellevaux au Xe siècle. Les chroniques citent toutefois le bien pour la première fois en 1254, à l’occasion de guerres intestines. Aujourd’hui en ruine et envahi par une végétation luxuriante, le château présente un donjon en moellons, élevé sur la partie la plus résistante aux attaques de la crête rocheuse. Une courette et des locaux de service s’étendaient au nord.

On y adjoignit plus tard plusieurs bâtiments, aujourd’hui presque entièrement détruits, et une grande cour à l’est. Sous les ducs de Bourgogne, au XVe siècle, des réparations furent nécessaires et la forteresse fut considérablement agrandie et protégée. Le site se trouvait en effet dans la seigneurie dite « au-delà des bois », dépendant du quartier de Durbuy, composante du duché de Luxembourg devenu possession bourguignonne. On édifia ainsi des bâtiments pour loger les garnisons, une porte de trois étages et un nouveau pont-levis.

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Les ruines du château d’Amblève. ©Guy Focant

Ce corps de garde est encore partiellement debout. En 1578, Alexandre Farnèse, gouverneur des Pays-Bas espagnols, ordonna la démolition de la forteresse, qui devint une carrière pour les habitants de la région. Les ruines ont été classées comme site en 1953.

L’église des Saints-Anges de Dieupart. Appelé également église Notre-Dame, ce sanctuaire érigé en plusieurs campagnes est situé à l’écart, au milieu d’un cimetière emmuraillé. La tour occidentale, du XIIe siècle, a été terminée en style gothique en 1491 avant d’être largement couverte d’un parement de calcaire en 1714. Elle est décorée d’un groupe sculpté figurant sainte Anne et une Vierge à l’Enfant et est surmontée d’une haute flèche octogonale d’ardoises, modifiée en 1903. Le bas-côté nord, gothique et homogène, est resté dans son état du XIIe siècle, tandis que le bas-côté sud, gothique également, conserve en partie son état de la fin du XIIIe siècle, malgré une rénovation à la fin du XVe siècle.

À l’intérieur, les colonnes d’origine de la nef ont été conservées, à l’exception des trois premières, réparées à la fin du XIXe siècle. Le sanctuaire est orné de plafonds peints armoriés aménagés dans la seconde moitié du XVIIe siècle. C’est de cette époque que date par ailleurs une grande partie du mobilier de l’édifice : autels, statues en bois polychrome ou encore un retable en chêne. L’église a été classée comme monument en 1936. Le site a aussi été protégé en 1944.

Le château de Dieupart. Précédé d’une drève classée de hêtres pourpres, le bâtiment, très remanié, a toutefois conservé au sud-ouest une façade de la fin du XVIIe siècle en moellons de grès et calcaire. Le site fut, à partir du XVe siècle, le siège d’usines à fer comprenant une forge et un fourneau. En 1898, ces anciennes forges ont été reconverties en usine d’électricité. Le château a depuis été transformé en centre de camping-caravaning. Un autre château, situé sur les hauteurs de Dieupart, existait autrefois dans le hameau. Ce château dit du Vieux-Jardin, fondé au Haut Moyen Âge, a depuis disparu, détruit en 1286 par le duc Jean Ier de Brabant. La légende raconte que les moellons de calcaire de l’église des Saints-Anges de Dieupart proviendraient de cette forteresse. Des ruines discrètes subsistent toutefois dans les bois, au sommet du versant nord de Dieupart.

 

Le château de Dieupart est classé depuis 1986. ©Guy Focant

La drève est une allée carrossable bordée d’arbres, plantée pour servir d’entrée au château. Le hêtre pourpre est assez semblable au hêtre commun, de couleur verte. Cette espèce possède la particularité de garder ses feuilles mortes tout l’hiver, celles-ci ne tombant qu’au printemps, lorsque se développent les jeunes pousses. Souvent utilisée comme plante de haie, facilement taillable, cette essence est toutefois rarement utilisée pour planter une drève. Certains arbres ont été remplacés récemment. La drève a été classée en 1985, le château en 1986.

Le village d’Awan. Typique du Condroz liégeois, il a, dans son entièreté, été classé comme site en 1987. Parmi les édifices notables se trouve l’église paroissiale, dédiée à saint Pierre. Datée de 1840, elle a été agrandie en 1927. Devant l’église, une belle croix calcaire aux extrémités trilobées remonte à 1680. Armoriée, elle rappelle le souvenir de Melchior Grisart, jeune homme de 24 ans assassiné alors qu’il revenait d’un pèlerinage.

 

Le château d’Awan. ©Guy Focant

Tout à côté, le château d’Awan était déjà une maison-forte au XVe siècle, alors appelée cense du Sart. Incendiée vers 1650 puis en 1745, elle fut reconstruite à deux reprises. Précédé d’une drève de tilleuls, le château actuel dispose ses bâtiments autour d’une cour carrée agrémentée d’un bassin et flanquée de trois tours carrées. La façade principale date du XVIIIe siècle. Le village compte également quelques belles fermes, principalement des XVIIIe et XIXe siècles. C’est la présence de ces maisons et fermes en pierre calcaire de la région, lui conférant une homogénéité architecturale et une particularité locale, qui ont motivé sa protection.

Des maisons traditionnelles à Deigné et Remouchamps. Le charmant village de Deigné fait partie de ces beaux ensembles typiques du Condroz liégeois. Au centre de celui-ci trône l’église Saint-Joseph, construite en 1850. C’est l’un des édifices récents de la localité. En effet, la plupart des maisons, granges et fermes datent du XVIIIe siècle et ont été érigées en moellons de calcaire local. Une série de tilleuls remarquables et classés s’élèvent sur la place qui, avec sa fontaine, forme un ensemble homogène. Plus haut dans le village, une maison d’intérêt a également été protégée. Enfin, à l’angle des rues Houbière et Lambier, une imposante maison traditionnelle, érigée au début du XVIIIe siècle en calcaire, briques et pans-de-bois, a été classée en 1983.

Le charmant village de Deigné fait partie de ces beaux ensembles typiques du Condroz liégeois.  ©Guy Focant

Une grande entité

Cette entité compte plus de trente-cinq villages, hameaux et lieux-dits : Awan, Aywaille, Chambralles, Chant d’Oiseaux, Deigné, Dieupart, Emblève, Ernonheid, Fayhai, Faweux, Féronheid, Fy, Harzé, Hassoumont, Havelange, Hénumont, Houssonloge, Kin, La Levée, Martinrive, Niaster, Nonceveux, Paradis, Pavillonchamps, Pirombœuf, Playe, Pouhon, Priestet, Quarreux, Raborive, Rouge-Thier, Sécheval, Sedoz, Septroux, Sougné-
Remouchamps, Stoqueu, Sur-la-Heid, Ville-au-Bois et Warmonfosse.

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Le château de Harze

Un lieu emblématique ! ©Guy Focant

Classé en 1965, l’imposant château de Harzé est riche de dix siècles d’histoire et lié à de prestigieuses familles, dont les La Marck ou les Ligne. Une maison forte y est construite dès le IXe siècle. Elle est le siège d’une seigneurie du duché de Luxembourg et abrite une haute cour de justice. Le complexe possède des parties bien distinctes. L’ensemble est assis sur un faux éperon au nord du village. À l’ouest du site se trouve une importante cour de ferme, dont les angles sont encore pourvus de deux tours calcaires du XVIIe siècle.

Des différentes ailes de la basse-cour subsistent, au nord et au sud, des bâtiments de la même époque ; les autres ailes ont été détruites au XIXe siècle. À l’est se trouve le vaste château, dont l’imposant corps central a été érigé dans le second quart du XVIIe siècle par les Suys. Cette magistrale façade pourvue de fenêtres à triple meneaux, de triples arcades et de colonnes toscanes est un superbe exemple de l’architecture de style Renaissance mosane. À l’angle, une tour d’angle de plan carré constitue l’élément principal de la physionomie de l’édifice.

Entre ce massif et la travée du portail d’entrée est enserré un important noyau plus ancien, aux murailles épaisses de près de deux mètres. Sur la droite, un pont de pierre est jeté sur les anciennes douves et un rigoureux et majestueux portail calcaire, modifié en 1753 lors de la pose d’un panneau aux armes des Rahier-Berlaymont, sépare le château lui-même de son prolongement oriental.
Un lieu emblématique.

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INFOS
Rue Magritte 1 à 4920 Aywaille
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