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Bienvenue à Gedinnes, au coeur de l’Ardenne namuroise

Vue générale du village de Louette-Saint-Denis. | © Guy Focant

Voyages

La nature est le principal atout du patrimoine gedinnois, qui possède une vaste couverture forestière et des paysages profondément creusés par de nombreux cours d’eau.


Par Frédéric Marchesani / Photos Guy Focant

Située dans le sud de la province de Namur, entre Bièvre, Beauraing et Vresse-sur-Semois, la commune de Gedinne fait partie de l’arrondissement de Dinant. Elle est délimitée à l’ouest par la frontière française (Givet et Hargnies, dans le département des Ardennes) et bordée, au nord-est, par la province du Luxembourg (commune de Daverdisse).

Verdoyante, champêtre et bucolique, située au cœur de l’Ardenne centrale, elle compte douze villages : Bourseigne-Neuve, Bourseigne-Vieille, Gedinne, Haudremont, Louette-Saint-Denis, Louette-Saint-Pierre, Malvoisin, Patignies, Rienne, Sart-Custinne, Vencimont et Willerzie. Côté patrimoine, la commune compte un monument et deux sites classés, tandis qu’un peu plus d’une centaine de biens sont inscrits à l’inventaire du patrimoine immobilier culturel. Comme dans bien d’autres communes rurales, on y trouve une multitude d’anciennes exploitations agricoles, des moulins et de nombreux témoignages de la ferveur populaire.

Depuis le début du XXIe siècle, un important programme de restauration des fonds de vallée et des zones de tourbières a été entrepris avec succès. Ces actions sont principalement réalisées le long de deux rivières, la Hulle et le ruisseau de Stole, ainsi que sur les pentes de la Croix-Scaille. Le site doit son nom à une croix en ardoises présente sur la ferme Jacob à Gedinne ; en wallon, ardoise se dit en effet scaille ou escaille. Cet important domaine de 9 000 ha, composé de bois et de landes et sis sur les hauteurs de l’Ardenne namuroise, fut un des hauts lieux de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est aujourd’hui connu pour ses paysages à couper le souffle.

 

La Croix-Scaille, haut lieu de la résistance en 1940-1945. ©Guy Focant

Au cœur du domaine de la Croix-Scaille, la fagne de l’Abîme est classée comme site depuis le 17 octobre 1962. Cette ancienne tourbière restaurée a été reconvertie en réserve naturelle domaniale et peut être parcourue, comme dans les Hautes Fagnes, en empruntant des caillebottis. Plus loin, le bois de Saint-Jean tire son nom du ruisseau éponyme qui traverse la frontière belgo-française, entre l’Ardenne et les Ardennes.

On y trouve quantité de hêtres, chênes et épicéas. Enfin, la vallée de la Houille offre un ensemble remarquable de cours d’eau aux vallons encaissés, entre Gedinne et Vencimont. Le site présente une grande biodiversité (vipère péliade, couleuvre à collier, cigogne noire, moule perlière, drosera, piment royal…) et a été classé en zone Natura 2000. Il est devenu le terrain de jeu de prédilection des loutres et des castors, animaux protégés.

Peu de témoins de l’Ancien Régime subsistent dans la commune. Deux châteaux, à Bourseigne-Neuve et Rienne, datent du XVIIIe siècle. C’est dans le domaine religieux qu’il faut chercher les traces patrimoniales les plus anciennes : la tour de l’église de Gedinne date du XIIIe siècle et son chœur à chevet plat du XVIIe siècle. Il s’agit toutefois des derniers témoins du passé ancien de ce sanctuaire, reconstruit en style éclectique en 1939. Chef-d’œuvre des lieux, le maître-autel, érigé vers 1700, abrite un splendide retable polychrome de la fin du XVIe siècle.

 

La silhouette de l’église de la Nativité de la Vierge à Gedinne. ©Guy Focant

Les autres églises paroissiales de la commune, hormis celles de Gedinne et Houdremont, ont toutes été construites au XIXe siècle dans les styles propres à cette époque. C’est le cas de l’église Saint-Denis de Louette-Saint-Denis, bâtie en 1878 sur les plans de l’architecte hutois Lambert Blandot, qui allie grès et pierre bleue dans le plus pur style néogothique. L’église Notre-Dame de l’Assomption de Rienne affiche quant à elle un style néoroman.

Érigée entre 1873 et 1875, elle est l’œuvre du même architecte. L’église Saint-Pierre de Willerzie, également due à Blandot, a été bâtie en style néogothique en 1877, mais a été modifiée à la suite d’un incendie survenu en 1914 : sa grosse tour en moellons de schiste et de grès surmontée d’une flèche fine et élancée date de 1968. Décidément prolifique, l’architecte Blandot est également l’auteur de l’église Saint-Nicolas de Bourseigne-Neuve (1872), de l’église Saint-Roch de Sart-Custinne (1870-1871) et de l’église Saint-Lambert de Vencimont (1877). Bien d’autres petites chapelles de carrefour jalonnent les chemins de la commune, rappelant la ferveur populaire d’autrefois.

L’ancien moulin Boiron à Rienne, reconverti en hôtel-restaurant. ©Guy Focant

Champêtre, la commune de Gedinne, abrite un patrimoine rural de qualité, parmi lequel on trouve plusieurs moulins. Celui de Louette-Saint-Denis s’inscrit au cœur d’un site classé depuis le 2 juillet 1981. Propriété sous l’Ancien Régime de l’abbaye de Waulsort et installé au confluent de deux ruisseaux, il a été reconstruit dans le premier quart du XIXe siècle au moyen de moellons de schiste. Celui de Rienne, dénommé moulin Boiron, se situe à l’écart du village, au bord de deux étangs dont les niveaux diffèrent de plusieurs mètres. L’eau s’écoulant de l’un à l’autre permettait d’actionner la roue de ce moulin à grains bâti au milieu du XIXe siècle. Il a depuis été reconverti en hôtel-restaurant de charme.

Alors que le printemps météorologique a pointé le bout de son nez et que l’équinoxe s’approche, les charmes naturels et patrimoniaux de la commune de Gedinne n’attendent plus que votre visite.

L’impressionnate Tour du Millénaire

La tour du millénaire, au cœur de la Croix-Scaille. ©Guy Focant

Fruit d’un projet transfrontalier, la tour du Millénaire possède une histoire atypique. Au tournant des XXe et XXIe siècles, l’idée germe d’ériger un tel monument au cœur du domaine de la Croix-Scaille, qui avait déjà accueilli plusieurs tours de défense et d’observation au cours de son histoire. Celui-ci serait implanté à quelques mètres seulement de la frontière française et ferait la part belle aux matériaux locaux. Il faut dire que le site est intéressant : avec ses 503 m d’altitude, il s’agit du point culminant de la province de Namur et l’un des plus hauts sommets de Belgique.

C’est ainsi qu’en 2001 est inaugurée une impressionnante construction de 60 m de haut, sur les plans de l’architecte Daniel Dethier. Elle allie l’acier au bois wallon, en l’occurrence le douglas de la commune de Gedinne. Impressionnante, la structure pèse 82 tonnes. Malheureusement, les éléments en bois souffrent des intempéries et la tour doit être détruite en 2008, avant d’être reconstruite et inaugurée à nouveau en juillet 2012. Affichant une silhouette de sablier, elle possède trois plates-formes d’observation culminant à 15 m, 30 m et 45 m de hauteur, accessibles après avoir gravi 234 marches.

Par beau temps, elle offre une vue panoramique impressionnante à 30 km à la ronde. L’attraction est ouverte toute l’année, sauf pendant les périodes de chasse ou en cas d’intempéries.

Visitez la région

Le site classé de la Croix-Scaille propose une multitude de promenades. ©Guy Focant

La commune de Gedinne peut se targuer de posséder près de 300 km de promenades balisées, dont plusieurs partent du massif forestier de la Croix-Scaille. Une carte détaillée, disponible à l’office du tourisme, reprend 26 promenades pédestres fléchées de 3 km à 20 km, quatre escapades VTT de 25 km à 70 km ainsi qu’un circuit équestre de 24 km. Il y en a pour tous les goûts !

INFOS
Office du tourisme de Gedinne
Place Languillier 6 à 5575 Gedinne
+32 (0)61 58 74 84 – tourisme@gedinne.be

 

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