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Croquer la ville à Paris grâce au Food Trip

Quand l'amour (d'une ville) passe par l'estomac... | © Facebook @ Le Food Trip

Voyages

Longtemps, la gastronomie française a été synonyme de cuisine raffinée et de chefs étoilés. Dans la mouvance de la bistronomie, les artisans se sont taillés une part du gâteau, et on savoure autant aujourd’hui le plaisir simple de bons produits que la sophistication d’un repas cinq services. Pour mettre à l’honneur la passion de ces petits producteurs, le Food Trip emmène les gourmets à travers une chasse au trésor gourmande dans la ville lumière. L’occasion de faire briller leurs yeux de gourmandise. 

À l’origine du concept, Adrien de Dumast, Martin Herbelin et Pierre Laurent, trois amis d’enfance revenus changés d’un périple de 6 mois à travers l’Asie du Sud-Est. Ainsi que le raconte avec enthousiasme Adrien, « une fois sur place, on a rapidement compris l’importance de la gastronomie pour vraiment appréhender un pays. Et pas seulement les restaurants, mais aussi les food markets, les petits artisans : il n’y a rien de tel pour aller à la rencontre d’une population que de manger comme eux ». Un concept mûri à l’autre bout du monde, puis ramené en France dans leurs valises et lancé à l’automne 2016. Le principe du Food Trip : un passeport gastronomique au croisement de la chasse au trésor et du cartoville, qui invite à arpenter les différents arrondissements à la découverte des artisans. Mais aussi et surtout de leurs produits.

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Rencontres savoureuses

C’est ainsi que l’on commence la balade chez Maison Brémond 1830, dans le 9e, une adresse au doux parfum de Provence ouverte par le fondateur de l’Occitane, où l’on récupère son food pass, accompagné d’une dégustation maison. Soit une surprenante glace à l’huile d’olive accompagnée de pulpe d’olive noire, de thym et de basilic de Modène; intermède aussi réjouissant et ensoleillé que la maîtresse des lieux, Géraldine, véritable passionnée de ses produits et de son métier. À quelques rues de là, découverte de L’affineur affiné, une crèmerie où se mèlent amour et respect des produits. Tenu par un couple qui s’est rencontré sur les bancs de l’école hôtelière, l’adresse séduit par sa belle sélection de fromages français mais aussi par la possibilité de les savourer sans attendre, attablé dans l’arrière salle. On tend son passeport, et en échange d’une vignette, on a droit à une dégustation de comté Charles Arnaud. Et à la savoureuse histoire de la maison, établie au Fort des Rousses, une caserne construite à même la roche durant la 2e guerre mondiale, puis récupérée par les affineurs du cru qui y avaient trouvé les conditions idéales pour leurs fromages.

Éloge de la gourmandise

Mis en appétit, on pousse la balade jusqu’à l’épicerie du Gers Maison Tête, mi-cantine mi-artisan conserveur, et entièrement dévouée aux produits du Sud-Ouest. Une affaire familiale, tenue par le fils du propriétaire et installée dans la charmante rue de Cadet, où l’on prend le temps de s’installer à terrasse et de croquer à belles dents dans des tartines de pâté de canard au foie gras. Un en-cas rassasiant, mais qu’importe : le food pass est valable trois mois. Gourmandise oblige, on ne résiste toutefois pas à pousser la porte de chez Jean Hwang-Carrant, une Américaine amoureuse de Paris et des cookies, qui a choisi d’ouvrir dans la ville lumière une boutique qui leur est entièrement dédiée. Un QG sucré où l’on retrouve les classiques aux flocons d’avoine ou aux pépites de chocolat, mais où on découvre aussi des délices tels que les cookies au sésame noir ou au chocolat relevé de piment thaï. Car c’est à cela que ressemble la gastronomie parisienne aujourd’hui : un joyeux métissage d’influences exotiques et de créativité, que l’agence de développement touristique Atout France s’est battue pour faire entrer au patrimoine immatériel de l’Unesco.

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Aller simple pour le Sud-Ouest chez Maison Tête – Facebook @ Maison Tête

Gastronomie cosmopolite

Et que la joyeuse bande à l’origine du Food Trip n’a de cesse de redéfinir : « Paris est une ville extrêmement cosmopolite, et ce métissage se retrouve forcément dans la gastronomie. C’était important pour nous de mettre cette richesse en avant en ne nous concentrant pas uniquement sur la gastronomie parisienne en tant que telle mais bien sur toute la gastronomie qu’on retrouve à Paris ». Avec deux critères, tout de même : « proposer des produits haut-de-gamme, et travailler avec des passionnés désireux de partager leur expérience afin de ne pas casser le rythme des visites ». En cas de petite faim, on choisit le passeport 6 dégustations à 35 euros, à moins de se laisser séduire par l’option grande faim, soit 12 dégustations pour 45 euros. Proposé actuellement à Paris et à Lyon, le Food Trip baladera bientôt les gourmands à Londres. En attendant Bruxelles : Adrien de Dumast avoue avec gourmandise lorgner du côté de la capitale belge. Mettre les artisans bruxellois à l’honneur ? Non peut-être !

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