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Our : la charme envoûtant des Ardennes

Vue aérienne du village avec, au centre, l’église Saint-Laurent. | © Vincent Rocher

Voyages

En ces mois de juillet et d’août, les « Trésors wallons » voyagent sans interruption dans les Plus Beaux Villages de Wallonie. Partez donc en balade à la découverte des plus charmants endroits.

Par Frédéric Marchesani / Photos Vincent Rocher

Le beau village d’Our est situé à mi-parcours de la rivière du même nom, affluent de la Lesse. Il se situe dans la commune de Paliseul, dans la province du Luxembourg. Installé dans une boucle du cours d’eau, il est caractérisé par un site classé de grand intérêt patrimonial, dominé par l’église Saint-Laurent, érigée sur une butte.

Le reste du village, blotti en fond de vallée, est typique de l’architecture rurale ardennaise. On y trouve des maisons basses en pierre et en grès recouvertes d’ardoises. Propice à l’évasion et à la promenade, Our est entouré de vastes forêts dans lesquelles les chemins de randonnée sont légion. Une promenade dans les rues du village permet d’en découvrir les secrets mais également la vie d’autrefois, grâce à des panneaux ornés de vues anciennes.

Our se tourne vers le tourisme vert et gastronomique

Le pont de pierre situé au sud du village. ©Vincent Rocher

Sous l’Ancien Régime, les villages d’Opont, Our, Beth et Fresnes étaient regroupés sous l’appellation de seigneurie des Abbyes, dépendance du duché de Bouillon. L’ancien château féodal se trouve toujours dans le village de Beth. Jusqu’à l’annexion du duché de Bouillon par la République française en 1797, Our suit les fluctuations et les tribulations du duché.

Les quatre villages forment ensuite la commune d’Opont, avant que celle-ci ne fusionne avec Paliseul en 1977. Totalement ruraux, ces villages et hameaux ont longtemps dépendu de l’agriculture et de la sylviculture. Aujourd’hui, bien des fermes ont été transformées en gîtes et habitations et Our se tourne plus vers le tourisme vert et gastronomique. Le village accueille deux restaurants, les Terrasses de l’Our, joliment implantées le long de la rivière, et la Table de Maxime, étoilée au guide Michelin.

L’église Saint-Laurent et son site classé. Installée au centre d’un cimetière emmuraillé auquel on accède par de nombreuses marches, cette construction mononef crépie de trois travées a été érigée en 1820, après l’incendie de l’église précédente. La façade ouest, simplement blanchie, est percée d’un oculus sur le haut. Elle est dotée d’un porche protégé par une toiture en croupe et ouvert d’un portail au cintre surbaissé.

À l’intérieur, le mobilier est contemporain de la reconstruction de l’édifice. L’église est entourée d’un long mur de moellons de grès et de schiste interrompu, entre deux volées d’escaliers, par un portail encadré de deux piliers à terminaisons sphériques. Cette enceinte protège le cimetière, qui abrite d’anciens monuments funéraires en calcaire. L’église a été classée comme monument en 1983. Une seconde mesure de protection, en 1997, a classé comme monument l’escalier et le cimetière, ainsi que tout l’ensemble comme site.

 

L’église Saint-Laurent, érigée sur une butte emmuraillée. ©Vincent Rocher

Fermes et demeures. Le village n’a que peu changé au fil des ans. Un plan cadastral de 1840 permet de voir que la structure du bâti n’a pas été modifiée depuis. Au centre de la boucle de la rivière, le promontoire de l’église constitue un premier cercle. Les fermes et maisons du village sont ainsi disposées en collier à partir du lieu de culte. Derrière les maisons, de longs jardins mènent au cours d’eau. Deux robustes ponts en pierre relient cet îlot au reste de la commune. C’est au cœur du village, au sein du premier cercle, que l’on retrouve les bâtisses les plus anciennes. La seconde couronne abrite majoritairement des édifices du XIXe siècle.

En contre-haut de l’église, au no 49 de la rue de la Besace, se situe une belle ferme quadricellulaire bâtie en 1873. Les percements et la simplicité de la façade, érigée en grès local, permettent encore de deviner où se trouvaient le logis, les deux étables et la grange. Composée de deux niveaux, elle est plus haute et moins profonde que les traditionnelles fermes ardennaises, ce qui s’explique peut-être par l’influence de la Famenne, située à proximité.

 

L’église Saint-Laurent et la ferme située au no 2 de la rue de Porcheresse. ©Vincent Rocher

À droite, le haut pignon du logis est recouvert d’un essentage d’ardoises qui rappelle la rudesse du climat en Ardenne. Fréquent dans la région, l’essentage est une pratique qui consiste à recouvrir les façades d’ardoises dans le but de protéger le bâtiment des intempéries et de lui offrir un bouclier thermique limitant les pertes de chaleur vers l’extérieur. Cela nécessite une structure sous-jacente reposant sur des sommiers.

La rue de Porcheresse abrite, elle aussi, quelques belles exploitations agricoles. Au no 1, une ferme clôturée abrite un îlot central au premier rang face à l’église, une place de choix dans la hiérarchie villageoise d’antan. L’imposant pignon du logis est largement ouvert sur la rue par un grand nombre de fenêtres tandis que, côté cour, se trouvent les dépendances. Au no 2, une robuste bâtisse en grès schisteux présente un ample volume typiquement ardennais. De plan presque carré et d’un seul niveau, la maison affiche une imposante toiture qui renforce son aspect massif. Ici aussi, le logis se situe au niveau du pignon, tandis que le reste de la bâtisse abritait autrefois une étable, une grange et une bergerie.

Ferme Rue porcheresse 1 – Ferme clôturée ©Vincent Rocher.

Plus loin dans la rue des Abbyes, une petite bâtisse épouse la faible déclivité du terrain. Érigée en moellons de schiste, elle est mitoyenne d’une ancienne ferme. Toutes deux présentent les caractéristiques des habitations de la région : silhouette trapue, forts moellons du pays, façade basse, pignon très large et toiture à faible pente qui évite le glissement des ardoises, autrefois très lourdes.

Au nord et au sud du village, deux charmants ponts franchissent le cours d’eau. Petite rivière ardennaise, l’Our draine la moitié nord de la commune de Paliseul. Elle résulte de la confluence de deux ruisseaux et traverse les villages de Beth, Our et Paliseul avant de se jeter dans la Lesse peu avant Daverdisse. Les deux ponts du village sont des constructions traditionnelles en moellons de grès schisteux, comportant trois arches avec ou sans bec et dont les parapets sont couverts en chaperon. Datant du XVIIIe ou du XIXe siècle, ils contribuent au charme paisible et envoûtant de ce village d’Ardenne qu’il ne faudra pas manquer de découvrir cet été.

Maison rue de Our 13. ©Vincent Rocher

Organisez votre visite

Les sites internet de l’association Les Plus Beaux Villages de Wallonie, du syndicat d’initiative de Paliseul et la maison du tourisme du Pays de Bouillon en Ardenne regorgent d’informations pour organiser votre visite. Vous pourrez faire votre choix entre différents circuits de balades et de randonnées, ou des parcours thématiques (itinéraires pédestres, circuits touristiques, guides nature…). De nombreux hébergements, restaurants et brasseries sont également proposés. Profitez de cet été pour parcourir nos Plus Beaux Villages wallons. Bonne route !

 

Ferme Courte séquence mitoyenne Rue des Abbyes 2. ©Vincent Rocher

INFOS

Les Plus Beaux Villages de Wallonie : www.beauxvillages.be
Syndicat d’initiative de Paliseul : Grand-Place 7 à 6850 Paliseul
+32 (0)61 28 77 37 – info@si-paliseul.be

Maison du tourisme Pays de Bouillon en Ardenne
+32 (0)61 46 52 11 – info@paysdebouillon.be
www.paysdebouillon.be

 

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