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Trésors wallons : les riches promenades de Hamois

La chapelle Sainte-Agathe et la ferme de la rue Hubinne à Hamois. | © Vincent Rocher

Voyages

Une commune condruzienne à découvrir cet automne.


Par Florence Pirard / Photos Vincent Rocher

Hamois est une commune rurale du Condroz namurois. L’entité comprend les villages d’Achet, Emptinne, Hamois, Mohiville, Natoye, Schaltin et Scy. La commune est traversée par le Bocq, d’une longueur de 45 km, et deux ruisseaux affluents. Il passe ensuite à Braibant (Ciney) avant de finir sa course à Yvoir. La véritable source de cette rivière est située au lieu-dit La Socque, où l’on trouve de multiples suintements donnant naissance au Bocq ; ceux-ci se regroupent au lieu-dit El Brouquisse, un vaste étang qui dessert le moulin de Scy. Hamois abrite un beau patrimoine composé d’églises, chapelles, potales, fermes, châteaux, maisons en colombages…

La chapelle Sainte-Agathe, dans le hameau d’Hubinne, se dresse sur la butte cernée de murs de l’ancien cimetière, à la pointe de l’éperon qui porte le village. La simplicité des volumes ne laisse pas présager de la complexité de la chronologie, qui s’échelonne de l’époque romane à la fin du XVIIIe siècle. La reconstruction quasi intégrale de la chapelle en 1630 y a apporté de nombreuses modifications, dont l’édification du chœur actuel, fort ample.

Au nord, l’ancienne chapelle seigneuriale est devenue la sacristie, dont la cave – parfois improprement dénommée crypte – et les maçonneries remontent sans doute au Moyen Âge. Plusieurs pièces remarquables y sont conservées : un autel majeur à retable avec le blason des Spontin (XVIIIe), un remarquable confessionnal baroque (1660), une chaire de vérité Louis XVI (XVIIIe), une piscine liturgique, un bénitier et un tronc en pierre bleue (XVIIe), une Vierge à l’Enfant et le buste-reliquaire de saint Hadelin (XVIe). La chapelle a été classée comme monument le 15 janvier 1936.

Une belle ferme du XVIIIe siècle à Hubinne. Sur la butte de la chapelle, rue de Hubinne, cette ferme en U du XVIIIe siècle est construite sur un site d’un ancien château médiéval, dont quelques substructions se devinent encore à l’arrière des étables. Elle est classée comme monument et site depuis le 4 août 1983.

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La ferme située rue Hubinne à Hamois. ©Vincent Rocher

L’église Saint-Pierre à Mohiville. Sur la butte de l’ancien cimetière, ce grand édifice en calcaire, classé comme monument en 1991, a été reconstruit entre 1761 et 1763. Il a conservé de l’édifice précédent une tour romane et des chapelles latérales, vestiges probables de l’ancien sanctuaire (1628-1629). Plusieurs éléments de mobilier ainsi que des œuvres d’art méritent l’attention : deux confessionnaux (XVIIIe siècle), des fonts baptismaux octogonaux en pierre bleue (XVe-XVIe siècles), des statues des saints Pierre et Paul (XVIIe siècle). Une dalle gravée d’un calvaire et des croix funéraires (XVIe et XVIIe siècle) sont remployés dans les murs extérieurs de l’église et du cimetière.

La ferme du Bâtiment à Natoye. Un peu isolé à l’est du village, entouré de prairies, ce vaste ensemble en quadrilatère, d’allure fortifiée, date du début du XVIIIe siècle. La construction menée progressivement, probablement à partir de l’ancien logis et des deux tours carrées, a été ensuite agrandie vers l’est au XIXe siècle, lors de l’érection de la grange. La ferme du Bâtiment est classée comme monument depuis 1990.

 

©Vincent Rocher

Le château de Schaltin. Siège d’une seigneurie hautaine dépendant au Moyen Âge de la prévôté de Poilvache (comté de Namur), le château est acquis en 1951 par une association qui y crée une école professionnelle. Situé en contrebas de l’église, dans un parc traversé par le ruisseau de Champion, cet ensemble est composé d’anciennes dépendances formant un U et du château proprement dit, entouré d’eau au XVIIIe siècle et dont l’entrée était jadis protégée par un pont-levis. Le manoir, datant du début du XVIIIe siècle, est de silhouette et de facture assez archaïques pour l’époque.

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L’église Saint-Martin de Scy. En contre-haut de la rue Hector Monjoie, cet édifice néoclassique a été construit en 1847. Il a conservé un chœur du début du XVIIe siècle que prolonge une sacristie du siècle suivant. Il abrite un remarquable mobilier en chêne, de tradition Renaissance, de la première moitié du XVIIe siècle : lambris du chœur, chaire de vérité et confessionnal.

D’autres éléments du patrimoine mobilier retiennent l’attention : un autel à retable en marbre rouge et noir (XVIIe siècle), quatre bancs de la nef (XVIIIe siècle), des fonts baptismaux en pierre bleue (fin XVIe – début XVIIe siècle), une petite niche avec une Vierge à l’Enfant entre deux anges, en bois peint, offerte en 1656 par Lambert Coppa et Margrita Aldenbruck (d’après une inscription), un calvaire gothique (XVe siècle) et de nombreuses pierres tombales des XVIIe-XIXe siècles.

 

©Vincent Rocher

Le pont Joseph II, sur le Bocq à Emptinne. La terre d’Emptinne était comprise dans la prévôté de Poilvache et constituait la partie la plus importante du ban de Natoye. Jeté en travers du Bocq, un petit pont a été bâti vers 1722-1724 par le Namurois Nicolas Bolvin aux frais des États du comté de Namur. Fortement endommagé, il a été restauré en 1986 et rebaptisé pont Joseph II en l’honneur d’un des derniers souverains namurois. Aujourd’hui, une plaque a été apposée sur le parapet du pont et précise toute l’importance de l’édifice sous l’Ancien Régime : « Pont Joseph II, comte de Namur et empereur ».

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LA RAFLE DE SCHALTIN

Le 2 août 1944, la Gestapo se rend au château de Schaltin. Le site hébergeait, entre autres, des enfants et adolescents juifs. Quatre garçons et trois dirigeants sont capturés par les nazis durant cette rafle. « Le 2 août, vers 9 h, un vrombissement d’autos me fit sursauter (…). Je me précipitais vers la fenêtre, jetais un coup d’œil au-dehors et reculais d’horreur. Les Allemands étaient là et, hurlant des commandements incompréhensibles, faisaient irruption dans le château. »

Marcel Liebman, un des enfants juifs cachés à Schaltin, témoigne de la rafle durant laquelle il parvint à se cacher pour éviter d’être capturé par les agents de la Gestapo. Dès le début des hostilités, le château de Schaltin a hébergé, sous de fausses identités, des jeunes issus des cantons de l’Est qui s’opposaient à leur enrôlement de force dans la Wehrmacht. À partir de la fin de l’année 1942, le château abritera également des enfants et des adolescents juifs ainsi que des réfractaires au STO (service du travail obligatoire imposé par l’occupant).

ORGANISEZ VOTRE VISITE

Des promenades. Découvrez le réseau Promenades en Condroz avec 40 balades pédestres et 10 balades VTT, soit 510 km pour explorer les paysages et le patrimoine ! La carte IGN Promenades en Condroz est un outil précieux pour organiser vos prochaines escapades : aires de repos, points d’info, possibilités de restauration, points de départ des balades, boutiques du terroir et musées.

Quinze panneaux de départ se trouvent dans les villages dont à Achet, Emptinne, Hamois, Natoye, Schaltin et Scy. La carte est en vente dans les points d’information touristique de la région et coûte 5 euros. Tous les circuits sont téléchargeables sur le site www.sitytour.com
Suivez les Sentiers d’art. Ce sont 141 kilomètres de balades alliant art et nature à travers le Condroz et la Famenne et présentant au total 42 œuvres. Le sentier situé à Hamois est balisé, comme le reste de la boucle (suivez les balises rouges Sentiers d’art).

INFOS

sentiersdart.be
Office du tourisme de Hamois
Chaussée de Liège 66, 5360 Hamois
083 61 20 41 – tourisme@hamois.be
www.hamois.be/loisirs/tourisme/office-du-tourisme-de-hamois

Maison du tourisme du Condroz
Place Monseu 23, 5590 Ciney
086 40 19 22 – info@destinationcondroz.be
www.destinationcondroz.be

 

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