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Échappée belge : 10 choses surprenantes sur la vie en Chine

Splendeurs ancestrales et modernité effrénée dans la capitale chinoise. | © CJ

Voyages

Tout plaquer pour aller s’installer au bout du monde : un rêve que cultivent de plus en plus de Belges. Mais la vie est-elle vraiment plus belle sous le soleil ? Échappée belge à la rencontre d’expatriés qui ont construit (une partie de) leur vie à l’étranger, et racontent les surprises rencontrées.

 

C’est à l’été 2014 que Clément Jadot a posé ses valises à Pékin. Alors étudiant de la Solvay Business School, il a habité la capitale chinoise le temps d’un programme d’échange à la University of International Business & Economics. L’occasion de découvrir un système scolaire compétitif et ouvert sur l’international, mais aussi de s’immerger dans une culture qui oscille entre héritages du communisme et globalisation. Un univers à part entière, où il faut être ouvert à l’imprévu, mais aussi à une manière de vivre fondamentalement différente de ce qui se pratique sur le Vieux Continent.

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« Dès l’arrivée, c’est hallucinant de voir la quantité de personnes qu’il y a, mais aussi l’impact de cette surpopulation sur la vie quotidienne. Bien sûr, la Chine est très peuplée, ce n’est pas un secret, mais c’est tout de même assez fou de voir de ses propres yeux les autoroutes tentaculaires par exemple. D’ailleurs, il y a tellement de voitures en Chine que le pays a établi un système de loterie, qui donne droit aux chanceux à un permis pour acheter une voiture. Aller aux toilettes publiques donne l’impression de se trouver systématiquement dans un stade de foot tellement les espaces sont grand. Officiellement il y a 21 millions d’habitants à Pékin, mais en réalité, quand on compte les habitants non enregistrés, on approche plus des 30 millions. Il faut même faire la file pour traverser aux passages pour piétons ! ».

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« Forcément, avec autant d’habitants, difficile d’échapper à la pollution. Pékin est vraiment un enfer pour les poumons. Alors qu’il faisait près de 40 degrés quand je suis arrivé, j’ai du attendre une semaine pour voir enfin du ciel bleu tellement il y avait du smog. C’est insupportable, et on comprend mieux pourquoi les Asiatiques se déplacent avec un masque, même si ça ne change pas grand chose au final.  Non seulement on respire mal, mais en plus, cela rend les déplacements difficiles; on ne voit pas bien au loin ».

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Sans compter qu’outre la pollution des véhicules, la cigarette règne dans l’espace public. « Les gens fument tout le temps, partout, et c’est courant de s’échanger ou de s’offrir des cigarettes. D’ailleurs, les cigarettes sont un gage de statut social : selon la marque, le prix peut être multiplié par dix ». Car le pays a beau être communiste, le matérialisme y est omniprésent.

Le culte de la richesse

« Enrichissement et ouverture au monde oblige, pour les Chinois, l’enrichissement est un signe de réussite. C’est vrai partout, mais plus encore ici. Marques de luxe, iPhones gold et voyages à l’étranger, tout est bon pour afficher ses richesses. C’est malheureusement aussi le cas en cuisine : pour signifier son aisance, on commande en grandes quantités et on n’en picore que quelques bouchées. Cela donne lieu à des scènes surréalistes au restaurant, avec des tables croulant de nourriture à peine touchée par les convives. Il y a même un nom pour désigner le phénomène, les thuao, les nouveaux riches ostentatoires ».

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« Bizarrement, même si Pékin est une ville touristique bien ouverte au monde, être Occidental reste une curiosité pour les habitants. Il n’est pas rare de se faire arrêter pour se faire prendre en photo, et d’être remercié d’avoir posé avec des cigarettes. Dans les boîtes de nuit, les Occidentaux sont prisés, ils entrent gratuitement et ont des boissons offertes ». Et quand il s’agit de trinquer, les bières belges ont la cote dans l’Empire du Milieu. « Les Chinois adorent la bière, particulièrement les bières spéciales. Ici, trappistes et bières d’abbaye ont la cote, même dans les provinces les plus reculées. En Chine, les traditionnels pubs irlandais sont remplacés par des bars belges de haut standing où les bières d’abbaye se payent rubis sur ongle – compter 10 euros la bière en moyenne, bien plus qu’une traditionnelle Tsing Tao ».

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Et quand ils ne sirotent pas l’une ou l’autre bière belge, les habitants s’adonnent à un autre de leurs passe-temps : le jeu. « Les Chinois adorent jouer. Le pays compte beaucoup de pensionnés qui n’ont pas toujours des revenus suffisants pour mener la grande vie, alors l’été, les hommes passent leur temps à jouer au Mah-jong, véritable sport national, tandis que les femmes pratiquent le tai chi. Le soir, une partie de pierre-papier-ciseaux (shifumi) peut suffire pour assurer l’animation. Pour attirer l’attention des locaux, il suffit de sortir son jeu de cartes et de commencer une partie de belote, succès garanti ».

Trois montagnes sur les épaules

Vivre à Pékin, une partie de plaisir ? « Il y a de fortes inégalités dans la ville, on dit des habitants de Pékin qu’ils portent trois montagnes sur leurs épaules; les soins de santé, l’éducation et le logement, qui coûtent tous les trois très cher. Dans la capitale, alors même que la propriété privée reste un concept flou, le mètre carré pour un appartement correct se négocie entre 4 et 5 000 euros ». De quoi mettre beaucoup de pression sur les jeunes générations. « On parle beaucoup des enfants rois, extrêmement gâtés par leurs parents. On dit d’ailleurs qu’un enfant, c’est 6 portefeuilles, parce que parents et grands-parents s’associent pour lui offrir le meilleur. Mais avec de grandes attentes en retour, et beaucoup de pression sur leurs épaules ».

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Et gare au choc des cultures, dans un pays où le Parti communiste reste extrêmement présent. « Difficile de communiquer avec ses proches ou de se tenir au courant, vu que Google et Facebook sont interdits en Chine. Mieux vaut ne pas parler de politique, et certainement pas s’aventurer à faire des blagues sur le sujet. Certains sujets, comme Tien An Men, restent d’ailleurs complètement tabous. Deux lignes rouges absolues: la question du Tibet, et oser dire que Taïwan, ce n’est pas la Chine ». Ce qui n’empêche pas l’expérience d’en valoir la peine : « la Chine est extrêmement énergétique, ça a un côté un peu Far West, l’impression que tout reste à y faire. C’est très galvanisant ».

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