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Bienvenue à Sambreville, la perle namuroise

L’entité se situe à 25 km à l’ouest de Namur et à 15 km à l’est de Charleroi, sur les rives de la Sambre. | © Vincent Rocher

Voyages

Le patrimoine de l’entité comprend six biens classés, dont un rappelle la terrible guerre 14-18 et ses innocentes victimes. Un hommage indélébile au cœur de ce qui est devenu un véritable havre de paix.


Par Florence Pirard / Photos Vincent Rocher

Localisée à l’ouest de la province de Namur, Sambreville est une commune de Belgique composée d’Arsimont, d’Auvelais, de Falisolle, de Keumiée, de Moignelée, de Tamines et de Velaine-sur-Sambre. L’entité se situe à 25 km à l’ouest de Namur et à 15 km à l’est de Charleroi, sur les rives de la Sambre. En 1977, après la fusion, elle prend donc le nom de Sambreville. La commune est baignée par ce cours d’eau et quelques affluents, dont les ruisseaux de Fosses, de Grand Vaux et du Fond du Gay. La Sambre et ses affluents appartiennent au bassin hydrographique de la Meuse, laquelle se jette dans la mer du Nord. Des reliefs artificiels ont aussi vu le jour tout au long de l’exploitation houillère dans les villages de la commune : onze terrils sont répertoriés sur le sol de l’entité.

La vieille tour de Tamines. Derrière une importante bâtisse du XXe siècle, l’ancienne tour seigneuriale, située autrefois en terre liégeoise, fut sans doute édifiée dans la deuxième moitié du XVe siècle. Elle était comprise depuis 1503 au moins, lors de la donation à l’abbaye d’Argenton, dans une cense détruite en 1914. La tour rectangulaire est construite en schiste houiller et pierre calcaire. Une enfilade de corbeaux couronne le haut des murs sous la toiture. Le rez-de-chaussée est une cave voûtée d’un berceau transversal. Une volée d’escaliers de pierre conduit au premier étage.

 

Vieille Tour – rue saint-martin 18. ©Vincent Rocher

Le bel-étage est éclairé sur chaque face, hormis au nord. L’accès au second étage s’effectue par un escalier de bois, et la disposition générale de la salle est semblable à celle de l’étage inférieur. Une belle cheminée de briques trône dans la pièce. Dans l’angle sud-ouest, une étroite latrine est toujours visible dans l’épaisseur du mur, aérée par une petite fente ébrasée, autrefois fermée par une porte. La tour est classée depuis 1966.

Le cimetière des Fusillés à Tamines. Après la prise des derniers forts de Liège, le 16 août 1914, la deuxième armée allemande circonvient Namur et fonce dès le 20 août vers la Sambre, à proximité de Tamines. Les troupes belges ont alors entamé leur repli sur Anvers. L’envahisseur fait face à la 19e division Bonnier du 10e corps d’armée français. Celle-ci tient fermement les passages de la rivière. La bataille de la Sambre va commencer et fera officiellement 613 victimes militaires. Mais les Allemands, rendus furieux par leur revers, se livrent à des représailles sur les civils.

Exactions et prises d’otages se terminent dans un bain de sang : 383 habitants de Tamines, de l’enfant au vieillard, rassemblés sur la place, tombent sous les mitrailleuses, périssent noyés ou brûlés vifs. Un ensemble de monuments en témoigne aujourd’hui. Le souvenir le plus spectaculaire est un haut socle de pierre sur lequel se dresse une statuaire qui évoque le massacre. Une femme debout, symbolisant la ville frappée à mort, lève le bras vers le ciel. À ses pieds, trois corps rappellent les victimes.

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Cimetiere des fussilés atour de l’église – monument au bord de la Sambre. ©Vincent Rocher

« Aux martyrs de Tamines » est l’œuvre des sculpteurs Henri Mascré et Hector Brognon. L’ensemble a été inauguré le 22 août 1926 sur les lieux même, en bordure du pont de Sambre. Plusieurs pelouses encadrent les stèles sur lesquelles sont alignés les noms des victimes. Le chemin de mémoire se prolonge au long des murs extérieurs de l’église paroissiale toute proche, encore entourée de son ancien cimetière, dénommé depuis ce temps « le cimetière des Fusillés ». Celui-ci, l’enclos des Fusillés et le monument commémoratif sont classés depuis 2009.

L’hôtel de ville de Tamines. Cet édifice néoclassique construit peu après 1870 est l’un des plus remarquables de Sambreville. Son illumination nocturne renforce sa prestigieuse allure. Sa façade est décorée des bustes des trois premiers rois des Belges : Léopold II à gauche, Léopold Ier au centre et Albert Ier à droite.

Le château-ferme de Keumiée. Dans la campagne de Sambreville, ce quadrilatère blanchi du XVIIe siècle et surtout des XVIIIe et XIXe siècles est signalé par un bouquet d’arbres. Les constructions en briques et pierre calcaire sont disposées autour d’une grande cour rectangulaire. Traversant l’aile nord-est, le porche d’entrée s’ouvre par un portail, jumelé avec celui de la grange en long. Cette dernière, bâtie en moellons, date peut-être de la fin du XVIIe siècle, comme le montrent la porte et le portail en plein cintre sur la cour. Elle a été transformée dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. L’aile nord-est est datée « A.D. / 1810 » sur une pierre. Elle abritait les anciennes remises à voitures et des étables. En face de l’entrée, un énorme corps de logis est daté de 1886 sur un écu scellé dans la façade. Cette construction en briques et pierre calcaire est conçue dans l’esprit d’un château. Il s’agit d’un gros volume ponctué d’une tour, visible de l’extérieur.

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Chateau-Ferme de Quirini. ©Vincent Rocher

Une belle demeure classée à Auvelais et le moulin des Golettes à Velaine. La première est une habitation traditionnelle datée de 1716, selon un cartouche au-dessus de l’entrée. À droite, une grange en long, bâtie en brique et pierre calcaire sur soubassement en grès, est munie d’une porte charretière, datée à la clé de 1701. L’ancien moulin à vent date de la seconde moitié du XVIIIe siècle et a été classé en 1988 comme monument. Il figure sur la carte de Ferraris (1777). Cette construction en briques et pierre calcaire a récemment fait l’objet de travaux de restauration : elle abrite désormais une salle de réunion et une salle d’exposition relatant l’historique du moulin, mais également d’une table d’orientation donnant des informations sur les environs. Le toit vous offrira un point de vue exceptionnel sur la région.

Menhir et polissoir. Le menhir de la Pierre qui Tourne est un grand bloc en grès quartzite de forme quadrangulaire, d’environ 3 m de hauteur et d’une circonférence de 5 m. Il a été classé en 1960. Il n’est pas prouvé que ce site ait servi de lieu de culte ou de nécropole. Une légende a donné son nom au mégalithe : elle raconte que cette roche faisait un tour sur elle-même lorsque minuit sonnait à la cloche de la ferme de Fayat, située au nord. À une centaine de mètres de la Pierre qui Tourne, un polissoir néolithique a été identifié en 1927 par une équipe de l’Université de Liège. Ce bloc de pierre en grès quartzique est de forme allongée et mesure environ 4 m de long, 2,30 m de large et 50 cm de haut. Le polissoir a permis à des hommes du Néolithique de travailler des outils (haches, lames) pour en affiner les surfaces et contours.

 

Pierre-qui-Tourne – Megalithe Menhir. ©Vincent Rocher

ORGANISEZ VOTRE VISITE

Le syndicat d’initiative propose de multiples promenades. Tout d’abord, les Balades de Steph, dix-neuf circuits qui vous permettent de découvrir Sambreville en vous baladant à votre rythme. Elles sont rassemblées dans un livret ou téléchargeables sur le site internet du syndicat d’initiative. Trois autres parcours, jalonnés de panneaux didactiques pour mettre en évidence le patrimoine et les sites visités, vous permettent de découvrir Sambreville selon des thèmes différents, dont un consacré au peintre Jean-Baptiste Scoriel. Il est également possible de louer des vélos électriques directement au syndicat d’initiative.

INFOS
Syndicat d’initiative, Grand-Place 26 à 5060 Auvelais
+32(0)71 26 03 70 – si@commune.sambreville.be sambrevilletourisme.be

 

Moulin à vent au lieu dit Les Goyettes. ©Vincent Rocher
CIM Internet