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En Australie, le mythique rocher Uluru sera bientôt interdit aux touristes

Le rocher appartient aux Aborigènes, qui veulent le préserver | © Flickr @ Jim C

Voyages

L’ascension du rocher emblématique australien Uluru ne sera plus autorisée à partir d’octobre 2019, a décidé mercredi le conseil d’administration du parc national d’Uluru-Kata Tjuta, après avoir consulté la communauté aborigène Anangu, qui occupe le site depuis des milliers d’années.

La célèbre masse rocheuse rouge dans le centre de l’Australie est une destination prisée des touristes, dont certains tentent d’atteindre le sommet au risque de heurter la sensibilité des propriétaires traditionnels, la communauté aborigène Anangu. Les archéologues ont relevé des traces de l’activité aborigène remontant à plus de 30.000 ans dans le centre du pays. Le conseil d’administration du parc national Uluru-Kata Tjuta où se situe la formation rocheuse a annoncé mercredi sa décision à l’unanimité d’interdire la pratique populaire à partir du mois d’octobre 2019.

Chargé d’Histoire

« C’est un endroit extrêmement important, pas une pleine de jeu ou un parc à thème comme Disney Land », a expliqué Sammy Wilson, président du conseil d’administration. Celui-ci est composé de huit représentants des propriétaires traditionnels et trois des parcs nationaux. « Certains dans l’industrie du tourisme ou dans le gouvernement par exemple peuvent avoir affirmé qu’il faut garder le site accessible, mais ce n’est pas leur loi qui est d’application sur cette terre », a poursuivi M. Wilson, cité par le média public d’information australien ABC.

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Le gouvernement doit respecter ce que nous disons au sujet de notre culture de la même sorte qu’il attend de nous de respecter la loi. Après de nombreuses discussions, il est temps.

L’entrée en vigueur de l’interdiction coïncidera avec le 34e anniversaire du retour de la propriété du site à ses habitants traditionnels aborigènes. Le dôme rocheux rouge-orangé de 348 mètres et d’une circonférence de 9,4 kilomètres au milieu du désert australien est visité par des touristes du monde entier. Son ascension est à ce jour tolérée si les conditions climatiques le permettent. Mais cette ouverture au public a longtemps été controversée, notamment pour la valeur sacrée du site pour la communauté Anandu et pour les nombreux accidents qui s’y sont produits.

Flickr @ Janeen

Ascension périlleuse

Selon le conseil d’administration du site, 36 personnes y ont péri depuis 1950, et le dernier accident fatal remonte à 2010. Au fur et à mesure des années, les touristes ont été sensibilisés au caractère sacré du site et les ascencions ont connu un déclin. Dans les années 90, 74% des touristes se lançaient à l’assaut du rocher, contre 38% en 2010, année où le conseil a annoncé son intention d’en réduire l’accès, et 16,2% en 2015.

Source de célébrations

« La fermeture ne doit pas être source de chagrin mais de célébrations », a encore souligné M. Wilson. « Les Blancs voient la terre en termes économiques, alors que les Anandus la voit en termes culturels (‘tjukurpa’). Nous voulons conserver notre culture – si nous ne le faisons pas, elle pourrait diparaître complètement d’ici 50 à 100 ans », met en garde cet aîné de la communauté, cité par The Guardian Australia. Les opérateurs touristiques ont longtemps mis en garde contre un déclin de popularité du site en cas de fermeture de l’accès au sommet mais ils s’accordent désormais à penser que des activités didactiques pourront donner lieu à un regain d’intérêt.

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